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Le chien qui louche d'Etienne Davodeau

Le 26 mai 2014, 13:44 dans Livres 0

L'histoire :

Fabien est surveillant au Louvre et il aime Mathilde. Cette dernière lui présente sa famille : le clan Benion (Louis, le père et les frères, Maxime et Joseph) à la tête de l'entreprise familiale de meubles. Les Benion ont un humour peu subtil mais ils sont attachants. Lors des présentations, Fabien se retrouve pris à partie car les Benion viennent de retrouver le tableau d'un ancêtre, peint au 19e siècle. C'est une toile représentant un clébard qui louche. Que vaut le travail de l'ancêtre ? demandent les Benion à Fabien. Celui-ci ne se prononce pas vraiment. Puis un jour, les deux frères Benion débarquent au Louvre et demandent à Fabien où en sont les démarches pour faire entrer Le chien qui louche au Louvre. Fabien est mal. Heureusement, Monsieur André Balouchi, un des visiteurs les plus assidus du musée, viendra à son secours.

Mon avis :

Ce rapprochement entre le monde de la bande dessinée et celui du musée grâce à une tendre histoire qui pose une question métaphysique : qu'est-ce qu'un chef d'oeuvre. C'était le pari d'Etienne Davodeau. Un pari sans nul doute réussi. En découvrant les liens entre les visiteurs et le célébre musée du Louvre, on s'aperçoit qu'il s'agit de belles histoires d'amour. Histoire de coeur. Et l'intriguant Monsieur André Balouchi, membre de la République du Louvre, organisation secrète qui dirige officieusement le musée, nous donne raison. Mais Le chien qui louche ne parle pas que de notre rapport à l'art. Il s'agit aussi de l'histoire d'un couple, Mathilde et Fabien, et de l'intégration dans une belle famille.

Pour conclure, j'ai aimé déambuler dans le Louvre de Davodeau.

L'auteur :

Etienne Davodeau est né en Anjou, le 19 octobre 1965. Son baccalauréat en poche, il entreprend des études d'arts plastiques en 1985 à Rennes. Après avoir décroché sa licence d'arts plastiques et sous les encouragements de sa femme, il écrit le scénario de son premier livre , L'homme qui n'aimait pas les arbres paru en 1992 (premier tome de la série Les amis de Saltiel). Depuis cette date, il continue de faire de la bande dessinée.

Les petits chevaux de Tarquinia de Marguerite Duras

Le 19 mai 2014, 11:19 dans Livres 0

Marguerite Duras est née en Indochine en 1914 et elle meurt à Paris en 1996. Elle arrive en France en 1934 pour ses études.

Auteur de nombreux romans, de pièces de théâtre et de plusieurs films, parmi lesquels le célèbre Hiroshima mon amour d'Alain Resnais. Son oeuvre est remplie de la certitude que l'amour absolu est à la fois nécessaire et impossible.

"Aucun amour au monde ne peut tenir lieu d'amour."

Résumé de l'oeuvre :

Deux couples dont l'un a un enfant passent leurs vacances en Italie près de la mer par une chaleur étouffante. Ces couples ne savent plus où ils en sont des liens de l'amour. Tout est torpeur sur cette petite plage où un drame vient d'éclater : un jeune homme a sauté sur une mine de la dernière guerre. Dans ce contexte, une femme, Sara, hésite à vivre une aventure amoureuse. Puis vers la fin, l'espoir semble revenir.

Mon avis :

Ce roman semble être le roman de l'attente, la seule occupation est la baignade :  "Il n’y avait rien à faire, ici, les livres fondaient dans les mains.[...]Oui, la chaleur lacérait le cœur. Et seule lui résistait, entière, vierge, l’envie de la mer. "

Dans la chaleur écrasante de l'été, les personnages espèrent le souffle du vent et la pluie.

"Elle espérait que cette nuit-là, la pluie arriverait, et elle s’endormit très tard, dans cet espoir."

On attend aussi que la mère du démineur mort accepte la mort de son fils en signant la déclaration. Si la mère finit par accepter, tout semble possible et l'espoir revient.

En parallèle de cette attente, les couples réfléchissent à leurs envies et Sara dévoile son désir de l'autre à Jacques.

"-Pourquoi tu me le dis, que tu as envie de me tromper ?

-Je ne sais pas, dit Sara, de temps en temps j'ai envie de te dire la vérité. "

Cet autre la désire aussi et savoir semble finir par suffire à Sara.

"Mais pourquoi tu me plais comme ça, dit-il.

 Mais je ne sais pas. Elle se mit à rire.

 Moi non plus, dit-il."

Mais pendant ces vacances, un seul amour est inaliénable. Un seul couple n'a aucun doute sur ses liens, ce couple ; c'est le couple que Sara forme avec son fils : "Depuis la minute où il est né, je vis dans la folie."

Pour conclure, ce roman s'inscrit parfaitement dans l'oeuvre durassienne. Comme à son habitude, Marguerite Duras ne s'intèresse pas à l'action mais aux sentiments, aux envies, qui habitent ses personnages à un instant précis de l'existence. Elle traite ses thèmes de prédilection : l'amour, le désir et l'envie de changement.

Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine PANCOL chez Albin Michel.

Le 5 mai 2014, 14:40 dans Livres 0

Pourquoi ai-je osé me pencher sur ce roman paru en mars 2006, maintenant ? A cause d'une bande-annonce plaisante et surtout de l'enthousiasme d'Emmanuelle Béart. Ai-je des regrets ? Oui et non.

Non car l'idée de Mme Pancol n'était pas mauvaise au départ. Elle décide de s'intéresser aux rapports entre soeurs et donc à la répartition des chances.

Iris, l'aînée a su tirer son épingle du jeu, elle possède la beauté, le charisme, un mari riche, quant à Joséphine ; historienne au CNRS, elle vit en banlieue et son époux est parti. Bien sûr, elles se jalousent toutes les deux : Joséphine aimerait être à l'abri du besoin et vivre dans les beaux quartiers comme sa soeur ; et Iris rêve de travailler et admire l'intelligence de Joséphine. Lors d'un dîner mondain pompeux, Iris prétend écrire un roman. Poursuivie par son mensonge, elle réussit à convaincre Joséphine d'être son nègre.

Voilà, la bonne idée de ce roman mais cette bonne idée arrive trop tard car pour nous faire patienter, Mme Pancol, nous laisse en compagnie de Marcel Grobz (le beau-père des deux soeurs) et sa secrétaire Josiane Lambert. Cette relation extra-conjugale est une énorme tâche qui entraîne le roman dans un tas de clichés : Marcel, patron d'entreprise, marié par convention sociale avec Henriette, la mère de nos héroines, enfermé dans un mariage sans amour, il entretient depuis plusieurs années une histoire passionnelle avec sa secrétaire et son plus grand regret est de ne pas avoir eu d'héritier...

La grande erreur de Mme Pancol réside ici. C'est-à-dire dans le fait d'avoir voulu insérer plusieurs histoires de couples dans un roman qui n'aurait dû concerner que quelques personnes : Iris et Philippe, Joséphine et son ex, leurs enfants et leurs amis. Au lieu de ça, nous sommes baladés d'un personnage à l'autre d'Henriette Plissonnier à Marcel Grobz en passant par Mylène, la compagne de l'ex de Joséphine, nous connaissons  les états d'âme et les questionnements de tous les personnages jusqu'à l'indigestion. Néanmoins, je reste convaincue que l'adaptation cinématographique réalisée par Cécile Telerman était une bonne idée. Un film choral est toujours plaisant mais un livre pas forcément.

L'auteur :  Katherine Pancol s'impose comme auteur à succès dès son premier roman en 1979, Moi, d'abord. Avant, elle fut professeur de lettres classiques puis journaliste pour Paris-Match et Cosmopolitan. Avec sa série, Les yeux jaunes de crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, elle est devenue un phénomène d'édition avec plus de six millions d'exemplaires vendus. Dernièrement, le tome 2 de Muchachas est sorti et le troisième et dernier tome sortira avant la fin de l'année 2014. Katherine Pancol publie au moins un roman par an, voire plus.

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